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Le ministre Schiltz à la conférence sur la migration et les transferts de fonds des migrants dans la région euro-méditerranéenne
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(Le Ministre Schiltz entouré du Commissaire européen Louis Michel et du Ministre délégué Nicolas Schmit) |
En marge de la conférence "Migration et transfert de fonds des migrants dans la région euro-méditerranéenne, cadre légal", qui se tient du 17 au 19 juin 2008 à Luxembourg, le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Jean-Louis Schiltz, et le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l'Immigration, Nicolas Schmit, ont fait le point sur les relations entre migration et développement et plus particulièrement sur les transferts de fonds des migrants. S'inscrivant dans le cadre du projet EuroMed Migration II, la conférence a également vu la participation du commissaire européen pour le Développement et l'Aide humanitaire, Louis Michel. L'objectif général du projet EuroMed Migration II est de contribuer à renforcer la coopération en matière migratoire. La première réunion ministérielle euro-méditerranéenne sur la migration, qui avait eu lieu en novembre 2007 au Portugal, avait confirmé l'importance d'une coopération concrète dns les différents domaines de la migration légale, de la migration et du développement ainsi que de la migration illégale. "La question du lien entre migration et développement était à l'ordre du jour des réunions des ministres du développement depuis 2005, suite à une initiative des ministres belge, néerlandais et luxembourgeois de la Coopération, initiative appuyée par la Commission européenne", a rappelé Jean-Louis Schiltz dans son introduction. "L'ampleur des chiffres en matière de transferts de fonds des migrants par rapport aux chiffres de l'aide publique au développement (APD) est une raison largement suffisante pour réfléchir de manière sérieuse aux moyens de faire fructifier ces transferts en terme de développement durable, notamment à travers les microcrédits", a continué le ministre Schiltz. Il a expliqué que l'objectif de la conférence consistait justement à élaborer de nouvelles pistes pour améliorer l'utilisation de ces fonds selon des critères de durabilité. À titre d'exemples, le ministre a cité le crédit d'habitation, la microentreprise ou la microretraite. Jean-Louis Schiltz a expliqué ensuite que le Luxembourg avait une grande réputation dans le domaine de la microfinance, avec la Semaine de la microfinance dont l'édition 2008 aura lieu du 12 au 14 novembre 2008, la forte implication de la place financière, la présence de nombreuses ONG et le gouvernement en tant que catalyseur de cet outil. Comment utiliser la migration comme un facteur positif dans une optique du développement? Telle est la question clé dans le domaine de la migration, a souligné de son côté le ministre délégué Nicolas Schmit. Il a expliqué que les experts estimaient à plus de 20 milliards de dollars les transferts de fonds des migrants vers les pays de la Méditerranée du Sud. "Le but de cette conférence est de savoir comment on peut mieux agencer le développement d'un côté et les questions migratoires de l'autre, en prenant en compte les droits et les libertés des migrants, mais aussi une politique d'ouverture de la migration en Europe", a-t-il conclu. Le commissaire Louis Michel a mis en avant le rôle du Luxembourg en matière d'aide publique au développement (APD): "C'est sous Présidence luxembourgeoise qu'un important objectif relatif à l'augmentation des APD a pu être atteint. Le Luxembourg est un avocat fervent quand il s'agit de rappeler les devoirs et engagements pris par les États membres en 2005." Louis Michel a illustré l'importance et l'ampleur des transferts de fonds des migrants par quelques chiffres. Ainsi, en 2005, on estimait à 191 millions le nombre de migrants à travers le monde, dont 30 à 40 millions, soit entre 15% et 20%, en situation illégale. Les transferts de fonds effectués annuellement par ces migrants s'élèvent à plus de 276 milliards de dollars, ce qui représente plus de cinq fois l'APD mondiale. "Ces chiffres montrent à quelle point ces fonds peuvent représenter un véritable vecteur et un levier important pour le développement des pays du Sud", a conclu le commissaire. |














